” Chien de printemps” présenté par Corinne C. écrit en 1993 confirme l’intérêt de Modiano pur les cafés et les rencontres.
“En 1964, dans un café parisien, un client fixe dans l’objectif de son rolleiflex le jeune couple assis à la table voisine. C’est ainsi que le narrateur fait la connaissance du photographe Francis Jansen. Le souvenir de cet homme étrange et de leurs rencontres ce printemps-là vient le hanter trente ans plus tard…”
Il s’agit cette fois d’une rencontre avec un photographe, Jansen, dont il est amené à classer les photographies ( à la suite de circonstances assez improbables ) parce qu’il refuse ” que les gens et les choses disparaissent sans laisser de traces”. Et pourtant, Jansen est parti brutalement, sans laisser d’adresse et il ne l’a jamais revu.
En 120 pages écrites en gros caractères avec de nombreux “blancs” entre les chapitres, pour la plupart très courts, Modiano nous déroule à grande vitesse son roman, par petites touches qui s’imbriquent parfaitement: un répertoire alphabétique à renseigner, une photo ( unique) qu’il conserve, quelques appels téléphoniques, l’apparition d’un troisième personnage, Nicole, puis d’un quatrième, le mari de NIcole qui le giflera dans le chapitre suivant. C’était peut être lui, en tous les cas il finit par s’identifier. Comme dans un dernier tour de manège passent les témoins de ce Pedro MC Evoy, les seuls qui pourraient le reconnaître: Hélène Coudreux, Fredy Howard de Luz, Gay Orlow… d’autres encore aux noms et aux passeports compliqués qui font que ce livre pourrait être l’intrusion des âmes errantes dans le roman policier.