» Tout était calme, la journée allait être belle, Philippe a pensé qu’il irait peut être pêcher avec Jérôme l’après-midi. A un moment, il a pris conscience que les corneilles avaient disparu, qu’on n’entendait plus de chants d’oiseaux. C’est alors que la vague est arrivée. Un instant plus tôt, la mer était étale, un instant plus tard, c’était un mur aussi haut qu’un gratte-ciel et qui tombait sur lui. Il a pensé, l’espace d’un éclair, qu’il allait mourir et qu’il n’aurait pas le temps de souffrir. Il a été submergé, emporté et roulé pendant un temps qui lui a paru interminable dans le ventre immense de la vague, puis il a rejailli sur son dos. Il est passé comme un surfeur au-dessus des maisons, au-dessus des arbres, au-dessus de la route. Ensuite la vague est repartie en sens inverse, l’aspirant vers le large. »
Ecrit à la première personne, Emmanuel Carrère se met en scène dans ce roman. Le récit débute alors qu’il passait ses vacances avec sa femme Hélène, son fils Jean-Baptiste et le fils d’Hélène, Rodrigue au Sri Lanka en ce funeste décembre 2004.
Il rencontre également son ami Eric, juge et Juliette, Patrice, tous ces personnages aux destins terribles. Vivre avec le deuil, vivre avec la maladie, vivre avec la pauvreté, vivre avec l’amour et surtout vivre!
Sans pathos mais avec le talent littéraire que nous lui connaissons, Emmanuel Carrère nous livre un récit bouleversant!