poche og1« Steve a grandi en regardant des films d’horreur avec sa mère. Bien en chair, énorme, allongée sur le canapé à côté de lui. En pleine milieu de journée, les stores sont fermés. L’obscurité. Elle a un fort instinct protecteur, elle ne veut pas que Steve sorte. Elle ne le laisse pas souvent jouer avec les autres enfants. Elle est mentalement instable, d’après le parrain de Steve, mais que peut-il y faire? Une querelle familiale. »

14 février 2008, Northern Illinois University, Steve Kazmierczak entre et tire: bilan 5 morts, 18 blessés.
David Vann s’empare de ce fait divers et dresse le portait psychologique de ce tueur, finalement pas si hors du commun. Surtout, David Vann dérange et ose esquisser un parallèle entre sa propre jeunesse et ce tueur. Les analogies sont nombreuses: la solitude, un père absent, l’ennui dans une Amérique où l’on hérite en toute légalité d’un fusil. Et pourtant l’un bascule et l’autre pas.
David Vann nous oblige à nous interroger sur ce que nous sommes vraiment, sur cette noirceur inscrite en chacun et sur un pays qui a inscrit le port d’armes dans sa constitution.
Si tristement d’actualité et si le roman n’a pas pour objet d’apporter des réponses sur la personnalité de ce tueur, il a le mérite d’interroger.
A lire pour rester éveillé