« Mes parents dansaient tout le temps, partout. Avec leurs amis la nuit, tous les deux le matin et l’après-midi. Parfois, je dansais avec eux. Ils dansaient avec des façons vraiment incroyables, ils bousculaient tout sur leur passage, mon père lâchait ma mère dans l’atmosphère, la rattrapait par les ongles après une pirouette, parfois deux, même trois. Il la balançait sous ses jambes, la faisait voler autour de lui comme une girouette, et quand il la lâchait complètement sans faire exprès Maman se retrouvait sur les fesses par terre et sa robe autour, comme une tasse sur une soucoupe. Toujours, quand ils dansaient, ils se préparaient des cocktails fous, avec des ombrelles, des olives, des cuillers, et des collections de bouteilles. »
Olivier Bourdeaut signe avec « en attendant Bojangles », son premier roman, « l’amour fou n’a jamais si bien porté son nom ». Dès les premières lignes, bercés par Nina Simone, nous sommes envoûtés et assistons par le prisme de ce fils de dix ans et de son père au spectacle perpétuel de Louise. Avec un style original et musical, nous sommes particulièrement touchés par les regards amoureux de ce petit garçon comme de ce mari qui abandonnent tout pour se consacrer à cette femme aussi exceptionnelle que fantasque. Hommage à la danse ( Bojangle était un célèbre danseur noir des années 30 ), à l’amour et à la beauté de la vie.
Fable ô combien féérique et irréelle, déposez le vinyle de Nina Simone sur votre platine et abandonnez vous à cette lecture.