« Est-ce que je trouverai les mots qu’il faut ? Je peux raconter comment je me battais. Mais raconter comment je pleurais, ça non, je ne peux pas. Cela restera non dit…
Vous êtes écrivain. Inventez quelque chose. Quelque chose de beau… Pas d’aussi atroce que la vie… »

Et pourtant, Svetlana Alexievitch a choisi de recueillir les témoignages de ces femmes qui se sont si longtemps tues, ces femmes combattantes de l’armée Rouge, enrôlées dès leur plus jeune âge par milliers pour combattre l’Allemagne nazie. Il ne s’agissait pas de romancer mais de livrer ces témoignages à l’état brut. Si beaucoup se sont engagées avec une foi patriotique forte et une envie de combattre comme les hommes, certaines, à peine sorties de l’enfance, ont du faire face à la réalité glaciale, dramatique et inhumaine de la guerre.
Longtemps censuré et non traduit, ce recueil sorti en 1985, valu à Svetlana Alexievitch, le prix Nobel de littérature en 2015 et ainsi la protége en partie de représailles d’un gouvernement Poutine qui ne voit pas toujours d’un bon oeil son oeuvre littéraire. Seul Gorbatchev à l’époque de sa sortie, l’a soutenu quand d’autres ne voyaient qu’un recueil « antipatriotique, naturaliste, dégradant ».
A garder dans sa bibliothèque et à lire par témoignage afin de rendre hommage à chacune de ces héroïnes anonymes.
Merci à Florence T. de nous l’avoir présenté.