« On me dit qu’on est en 2015, que le mois de janvier s’achève. Je n’entends pas. Mon corps est absent, seuls mes yeux vivent et semble vouloir s’échapper. Je crois voir l’océan pour la première fois »
Après une magnifique préface de Philippe Lançon pour son amie Catherine Meurisse, comme lui survivante de Charlie Hebdo, ces quelques phrases apposées sur des planches impressionnistes nous emportent et nous plongent au coeur de ce sublime album.
Comment retrouver la beauté lorsqu’elle nous fut si violemment arrachée le 7 janvier 2015? Luz est arrivé en retard pour cause d’amour, Catherine pour chagrin d’amour. Eux sont donc vivants et la plupart de leurs amis ne le sont plus.
Continuer à dessiner? Comment? Pourquoi?  » Pourquoi tout le monde parle d’attentat? … alors qu’il s’agit d’un massacre? »
Et de divans de psy, en discussion avec ses amies, se retrouver seule au milieu de la mare et s’écrier:
« – je voudrais être submergée par la beauté.
– Comme Stendhal.
– Je ne me souviens plus de Stendhal.
– Lors de son voyage en Italie en 1817, cerné par les oeuvres d’art, il a été pris de vertige. Depuis on appelle syndrome de Stendhal l’évanouissement que tout un chacun peut avoir face à un déluge de beautés »
Et si c’était çà? »
Merci Catherine.