« Je compris que je ne réussirais jamais à me libérer de ton emprise – j’aurais soif de toi jusqu’à mon dernier souffle. Je me fiche pas mal d’écrire cela, Helga; je ne suis qu’un vieillard qui n’a plus rien à perdre. Bientôt s’éteindra la dernière flamme et ma bouche béante se remplira de terre brune. Continuerai- alors à te désirer? Qui sait si je ne reviendrai pas sous la forme d’un fantôme lubrique, le dard en avant, à l’affût d’une occase? »
Ainsi se poursuit l’unique et longue lettre d’amour écrite par Bjarni Gìslason depuis sa maison de retraite à Helga son grand et unique amour aujourd’hui seulement dévoilé.
Bergsveinn Birgisson nous offre cette lettre comme un hymne à l’amour de la terre d’Islande par cet éleveur de moutons rude, traditionnel, pieux et parfois lubrique, frustré par son couple infécond et émerveillé par la nature sauvage de la terre de ces ancêtres qui conduira son narrateur à refuser cet amour consumé et fertile pour échapper à la ville et à son anonymat.
Roman contemplatif où le vent d’Islande souffle sur nos yeux…