» Ce n’est pas pire que de découvrir que vous devez la vie à deux pubs proches l’un de l’autre et tous deux nommés le Rising Sun. Ou de savoir, d’ailleurs, que vous ne la devez qu’à la conjonction aléatoire – à un contre un milliard – d’un spermatozoïde de votre père et d’un ovule de votre mère. »
Quitté par sa femme, orphelin de mère, un père absent, peu d’amis, l’existence de Maxwell Sim est aussi tristement que désespérément banale. Ce serait sans compter sur son (dernier) ami Trevor qui lui propose de promouvoir au volant d’une Toyota hybride une brosse à dent équitable pendant une semaine. S’ensuit alors un voyage initiatique, remontant vers les highlands, il retrouvera une amie d’enfance, rendra visite à sa fille, honorera une promesse faite à son père et tombera amoureux de son GPS tout en s’identifiant à Maxwell Crowhurst ( marin britannique usurpateur des années 70 ), tel un navigateur solitaire dans un monde pourtant ultra connecté.
Jonathan Coe, auteur britannique de choix, nous offre un roman complet où l’humour « so british » ponctue un travail d’écriture remarquable sur la naissance d’un personnage.
Sorti au cinéma le 16 décembre dernier sous les traits de Jean-Pierre Bacri, réalisé par Michel Leclerc, l’on prendra un plaisir croisé à le lire comme à le regarder.