« Je m’appelle Riad, j’avais 2 ans et j’étais un homme parfait » Petit blond issu de l’union d’une bretonne et d’un syrien idéaliste, nous offre les pérégrinations de sa famille de Paris à Tripoli en passant par Homs, au sein de ce Moyen-Orient qui se voulait idéal, en pleine construction de ce que devait être l’Arabe du futur.
Avec un humour acerbe et un trait à la fois naïf et précis, Riad Sattouf nous dresse le portrait de ces 2 pays dans les années 80, bien avant qu’ils ne soient ravagés par les luttes intestines des groupes religieux. Par ses jeux de couleur, d’échelle, il nous fait découvrir son père, homme de convictions contradictoires, sorti de son milieu paysan par l’éducation et qui, pourtant critique la démocratie et défend un idéal lybien où la nourriture distribuée gratuitement est essentiellement constituée de bananes et d’oeufs et que les promenades en famille sont compromises par la peur de perdre son logement puisque la propriété privée est bannie. Puis de retour dans son pays, dans son village, laisse son fils se faire battre et insulter par ses cousins dans cette Syrie déjà empreinte de misère et de haine du peu
Réalisateur des « Beaux Gosses », auteur à succès sur l’adolescence via « la vie secrète des jeunes » ou « retour vers le collège », il signe dans cette bande-dessinée un album beaucoup plus intimiste et audacieux sur les splendeurs et décadences de ces dictatures militaires.