« Alors ? dit Moussaoui en me fixant d’un oeil malicieux et plein de reproches.
– Alors quoi ? » fais-je sans me douter le moins du monde de ce qu’il peut bien me vouloir.
Ses yeux se font lance-roquettes et, méprisant, il lâche :
« T’es pas un Arabe, toi ! »
Aussitôt , sans même comprendre le signification de ces mots, je réagis :
« Si, je suis un Arabe !
– Non, t’es pas un Arabe, j’te dis.
– Si, je suis un Arabe !
– J’te dis que t’es pas comme nous ! »
Alors là, plus aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche. Le dernier reste coincé entre mes dents. C’est vrai que je ne suis pas comme eux.
Une terrible impression de vide s’empare de moi. Mon coeur cogne lourdement dans mon ventre. Je reste là, planté devant eux, et, sur mon visage, mille expressions se heurtent, car j’ai envie de pleurer, de sourire, résister, craquer, supplier, insulter, puis Nasser intervient:
– Et en plus tu veux même pas qu’on copie sur toi ! »

Irène K. nous présente le récit de l’enfance d’Azouz Begab du bidonville Chaàba du nord de Lyon au titre de Ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances dnas le gouvernement de Dominique de Villepin de 2005 à 2007.
Une enfance pauvre mais riche d’enseignement où le petit Azouz n’aura de cesse que d’étudier et peu importe ce qu’il entendait: “Le maître a toujours raison. S’il dit que nous sommes tous des descendants des Gaulois, c’est qu’il a raison, et tant pis si chez moi nous n’avons pas les mêmes moustaches.” il poursuivait son unique but: être le premier de la classe.
Irène K. a apprécié cet incroyable destin de cet homme né à Lyon, issu de l’immigration devenu chercheur en économie et sociologie.