« Il y a quelques semaines, j’ai vu pour la première fois la personne en deuil devant la stèle tape-à-l’œil. C’est un homme de mon âge avec un blouson voyant et une casquette doublée avec cache-oreilles. La calotte est à l’américaine, plus haute devant, avec l’inscription LES FORESTIERS. Il était très occupé à biner et à nettoyer la plate-bande. Presque rien ne pousse autour de la pierre d’Örjan. Il aurait probablement trouvé un petit rosier totalement déplacé, l’espèce n’a pas sa place dans le biotope des cimetières. Et le fleuriste devant l’entrée du cimetière ne vend pas d’achillées ni de reines-després.
Le Forestier vient régulièrement à quelques jours d’intervalle, vers midi, toujours en trimballant de nouvelles plantes et des engrais. Il dégage cette fierté propre aux cultivateurs du dimanche, comme si la tombe était son jardin ouvrier. »

Désirée, jeune bibliothécaire, citadine , grande lectrice, ne détestant rien de plus que le désordre se rend régulièrement sur la tombe de son mari Örjan où elle y croise régulièrement non sans agacement Benny Forestier, resté seul depuis le décès de sa mère, au milieu de ses 86 vaches, à la ferme familiale qui lui trouve un air étrange et coincé jusqu’au jour où leurs sourires se croisent… Leurs vies vont alors s’illuminer, se rencontrer.
Brigitte C. a beaucoup aimé cette rencontre improbable au cimetière de deux êtres que tout sépare, un roman à la fois drôle et pathétique.
Si vous aimez, le second volet intitulé  » caveau de famille » saura également vous amuser.