Martin Beck et Kollberg étaient policiers. Ils appartenaient à la brigade criminelle. Pour le moment, ils n’avaient rien de spécial à faire et pouvaient s’estimer libres de disposer de leur temps sans mauvaise conscience.
Il n’y avait pas un seul policier dans les rues. C’était en vain que, devant la gare centrale, une vieille dame attendait qu’un agent s’approche d’elle, la salue et, le sourire aux lèvres, la fasse traverser. L’individu qui venait de lancer une brique dans une vitrine n’avait pas à s’inquiéter : aucun hululement de sirène ne viendrait brusquement interrompre ses activités.
La police était occupée.
Une semaine auparavant, le chef de la police avait publiquement déclaré que cette dernière serait contrainte de négliger une grande partie de ses missions pour protéger l’ambassadeur des États-Unis des lettres et autres expressions du mécontentement des gens qui n’aimaient ni Lyndon Johnson ni la guerre du Vietnam.
L’inspecteur Lennart Kollberg n’aimait pas Lyndon Johnson, il n’aimait pas non plus la guerre du Vietnam mais il aimait marcher sous la pluie.
A 23 heures, il pleuvait toujours et on pouvait considérer que la manifestation était dispersée.
A la même heure, huit meurtres et une tentative d’assassinat eurent lieu à Stockholm.”

Quel choix cornélien pour Florence T., une de nos spécialistes du polar, que devoir n’en sélectionner qu’un seul. Elle décide alors de revenir aux origines avec un des livres de la saga des années 60 de Maj Sjöwall et Per Wahlöö, écrivains suédois en couple, créateurs du personnage de l’enquêteur Martin Beck.
Florence a voulu rendre hommage à ce couple précurseur de toute la lignée des auteurs de polars scandinaves avec des flics humains aux histoires familiales compliquées et qui rament pour mener à bien leurs enquêtes dans un univers bien éloigné des clichés d’une Suède parfaite.
Florence T. nous recommande pour découvrir cette saga, de les lire dans l’ordre en commençant par Roseanna.