« Cette fois, il ne s’agissait pas de réciter trois répliques de théâtre dans une Maison des Jeunes, mais de s’élever contre une guerre générale. C’était sublime. C’était impensable, impossible, grotesque. Aller dans un pays de mort avec un nez de clown, rassembler dix peuples sans savoir qui est qui. Retrancher un soldat dans chaque camp pour jouer à la paix. Faire monter cette armée sur scène. La diriger comme on mène un ballet. Demander à Créon, acteur chrétien, de condamner à mort Antigone, actrice palestinienne. Proposer à un chiite d’être le page d’un maronite. »
Samuel et Georges s’étaient connus, reconnus comme des frères, avaient combattu ensemble pour les mêmes idées, vers un même idéal, ici dans la France des années 70. Les années passent et Samuel dans les années 80 décide de monter Antigone pour une représentation unique au Liban, gravement malade, il confie son projet à Georges.
Arrivé sur place, Georges va rencontrer les acteurs pressentis, devra les convaincre, les rassembler pour répéter et découvrir cette société déchirée, anéantie par une guerre fratricide jusqu’à l’innomable, le massacre de Sabra et Chatila du 16 au 18 septembre 1982. Comment rentrer en France, comment reprendre le cours de sa vie? Qui du bourreau et de la victime?
Ce roman incroyablement documenté, d’une force tragique ne pourra être lu sans larmes.