«Dès son arrivée dans une maison de tolérance, la fille est obligatoirement « mise en carte ». (…) Fichée, elle n’a plus le droit d’être en liberté. Tout déplacement doit être signalé à la police. Toute sortie du bordel doit être effectuée en compagnie de la patronne (…). Telle était la loi et les coutumes que certains, aujourd’hui, voudraient voir rétablies.»
Valérie L. nous présente le récit auto-biographique de Germaine Aziz qui nous plonge au coeur de la prostitution dans une Algérie sous dominance coloniale dans les années 40, quand proxénètes arables et policiers français collaboraient pour satisfaire les mâles dominants français.
Le pouvoir reste entre les mains des hommes avec la complicité de la religion et de l’état au détriment de ces jeunes filles pauvres et algériennes.
Cette femme, courageuse, a rejoint ensuite la France où elle réussit à sortir de sa funeste condition. Elle devient alors salariée du journal Libération, elle y entre comme standardiste puis curieuse et déterminée, elle devient journaliste et quelle fierté lorsqu’en 1999, elle se voit remettre la légion d’honneur. Aujourd’hui disparue, nous ne pouvons qu’admirer son parcours.
Un témoignage vrai, un témoignage cru mais un témoignage sans voyeurisme.
A lire pour ne plus dire « je ne savais pas ».