Isaac Rosa

« On ne connaît pas forcément le sort qu’on mérite. Les moments qui changent une vie – une conversation avec un inconnu à bord d’un bateau, par exemple – doivent tout au hasard. Et pourtant, personne ne vous écrit une lettre, ou ne vous choisit comme ami, sans une bonne raison. C’est çà qu’elle m’a appris: vous devez être prêt à avoir de la chance. Vous devez avancer vos pions. »

En 1967, Odelle, jeune femme orginaire de Port of Spain, vit à Londres comme vendeuse de chaussures, mais elle le sent son avenir est ailleurs, son destin est dans l’écriture, dans l’art. Aussi quand elle est embauchée comme dactylo dans une galerie d’art co-dirigée par l’énigmatique Marjorie Quick, sa vie prend une toute autre dimension. Au mariage de sa meilleure amie, un beau jeune homme l’attire et quand celui-ci lui dévoile une toile héritée de sa mère, l’auteur présumé de ce tableau l’intrigue, l’interroge et ne suivant que son instinct, elle décide de remonter jusqu’à sa source andoulouse.

Découverte avec son premier roman Miniaturiste, Jessie Burton, nous entraîne cette fois-ci dans une toute autre histoire, dans une toute autre époque, celle de l’Angleterre des sixties et de l’Espagne des années 30 où la guerre civile se profile. Nous avions adoré les personnages féminins de Miniaturiste et ceux de Les filles au lion sont eux aussi attachants, émouvants, forts et fragiles. Mais si Miniaturiste nous avait tenu en haleine de la première à la dernière page, ce deuxième roman, nous surprend moins et regrettons que le contexte historique espagnol ne soit pas plus développé et ce malgré une plume littéraire et colorée.