« Les mots mon amour sont des tanières de sang et de cris. Je raconte pour toi, ma petite. Je te raconte et t’appelle de mon exil intérieur. De mon île la plus secrète la plus lointaine. Les mots mon amour sont muets. Les gestes aussi pour te nommer. Tous les mots de mon corps ne sauraient suffire pour dire la douleur de la terre. »
Ecrit dans la rue, pour la rue après le tremblement de terre qui a ravagé Haïti en 2010, Makenzy Orcel nous offre un premier roman lumineux, poétique, une déclaration d’amour à ces femmes des rues de Port au Prince, celles qui ont disparu ensevelies et celles qui restent. Auprès de ces femmes qu’il aime tant et qui le ramène à la vie, sa superbe écriture dans la tradition des conteurs Haïtiens nous enchante et nous ouvre son univers: « On est écrivain, à condition d’être poète ».
Quelle belle découverte et quelle rencontre lors du festival nantais Atlantide au Lieu Unique, Makenzy Orcel l’homme qui fait chanter les mots, cet homme élevé dans la rue devenu écrivain qui n’oublie pas d’où il vient:
« Avec ma mère nous étions pauvres mais ne vivions pas dans la misère car la différence entre la pauvreté et la misère c’est que la misère c’est la non générosité! »
Merci pour ce premier roman (à lire également Ombres animales ) et merci pour ce punch que vous nous avez fait partagé.