9782917817490« Ne méprisez pas les nostalgies d’un vieil homme, ce sont les espérances les plus durables » exprime la beauté du texte et résume la magnifique nouvelle de Victor del Arbol éditée par les éditions de la Contre-Allée.
Juan, n’a jamais voulu quitter son village de cette région d’Extrémadure frappée par la crise de 2008. C’est par Clio, sa muse, fille d’émigrés espagnols installés à Paris, de retour le temps d’un été, au village, qu’il sera initié avec toute l’innocence de l’enfance, à l’amour, d’elle qu’il recevra ce premier baiser inoubliable, elle qui lui ouvrira une porte sur le monde et elle, qui, devenue une vieille dame malade, le fera voyager pour la première fois.
Ce roman, Victor del Arbol, le doit avant tout à son grand-père, c’est sa voix qui semble lui dicter les mots mais aussi à l’Europe, cette Europe qu’il souhaite tant culturelle, celle qui tisse les liens entre les peuples et enfin, à nos racines, celles qui nous ancrent profondément et qui nous permettent de grandir, de nous élever car un homme sans mémoire, n’est rien.
Profondément choqué par cette Europe qui échoue dans l’accueil de ces réfugiés syriens, Victor del Arbol veut donner une voix et un nom à ceux qui n’en ont pas, donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, rendre visibles les invisibles car ce sont les petites histoires qui font l’Histoire.
Juan, symbolisé par l’olivier avec ses racines profondes, sa vie tortueuse et ses rêves d’avenir fait écho à ce que peut être la littérature qui parle de notre passé, analyse notre présent et propose un avenir.
Une belle leçon de vie où l’émotion prend la place belle au financier. « Cleo me laissait tout…/… sauf ce que j’aimais d’elle: sa présence. »