« Ab la dolçor del temps novel, li aucèl chanton chascùs en lor lati »
sont les premières paroles en musique du roman de Renart représenté en facétieux renard troubadour que Catherine Meurisse de son dessin précis et sa plume aussi drôle qu’érudite nous invite à suivre dans le premier chapitre consacré au Moyen-Age de « mes hommes de lettres ». Rabelais suivra avec ses moutons de panurge et son Gargantua, il nous ouvrira les portes du cercle des poètes disparus, celui de la Pléïade. Un Du Bellay en plein tourment, un Montaigne sur le divan d’un psy, un Corneille facétieux et que dire de La Fontaine aux dialogues savoureux avec les animaux. Et Molière à la recherche d’accessoires  » comédie de moeurs, comique de répétition, scandale littéraire ou outrage à la morale. La construction de Phèdre par Racine et ce raccourci savoureux « Femme au volant, la mort au tournant. Au volant de son char, Vénus poursuit les descendantes du soleil, celui-ci ayant révélé aux dieux de l’Olympe les amours de Mars avec la déesse ». Eclater de rire lorsque Diderot souhaite présenter son encyclopédie comme une BD ou quand Laclos avec ces liaisons dangereuses réconcilie Rousseau et Voltaire. Et que dire du concours de la plus grosse tête, encore une fois gagné par Victor Hugo! Le même qui découvrira avec humeur George Sand amoureuse un temps de Musset à la verve jalouse. Elle rencontrera Flaubert, en panne d’écriture « chez moi, c’est un mince filet d’eau ». Se suivront alors le père Goriot dont « Balzac a le chic de pondre des histoires atroces », puis Mme Bovary, dépressive découvrant Flaubert. Et que dire d’un Zola caché au fonds d’une mine ou dans un panier de grand magasin? Et le pied de nez de Proust à Gallimard? Et Colette plaisantant avec la mort et Céline qui lui aussi coiffe Gallimard au poteau. Aussi est-ce sur un air de Jazz que se terminera « mes grands hommes » avec le couple littéraire mythique Sartre-Beauvoir.
Que dire de plus? Continuez Catherine Meurisse à nous instruire, à nous donner le goût des belles choses et offrez nous la suite de mes hommes de lettres.