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Jim Fergus, grand auteur américain de « 1000 femmes blanches », était à Nantes samedi 8 octobre 2016 pour nous présenter 19 ans après sa publication aux Etats-Unis, son deuxième opus « la vengeance des mères ».

Rappelez-vous, ce roman partait d’un fait historique, l’échange de femmes contre des chevaux pour être mariées aux guerriers indiens. http://jimharrison.free.fr/ResumeMilleFemmesBlanches.htm

Après sa publication, les répercussions furent faibles, ignoré par les critiques américains, ce sont les clubs de lecture et les femmes qui s’en sont faits l’écho et ont permis en France, en particulier, ce formidable succès, les français s’étant toujours plus intéressés au sort des amérindiens que les américains eux-mêmes.

Après avoir repris la route avec sa caravane vers les grandes plaines où se sont passés les massacres, Jim Fergus a ressenti le besoin impétueux d’écrire la suite en partant de cette interrogation « que sont devenues mes 3 survivantes? ». Tout en gardant la même logique narrative ( carnets, journaux ) que pour 1000 femmes blanches, il choisit de faire entendre trois voix dont celles des jumelles survivantes, ainsi il ne se limitait pas à un point de vue et offrait encore plus de liberté à ses narratrices; il ajoute  » il me semblait plus facile de me mettre dans la peau d’une femme plutôt que dans celle d’un homme et dans celle d’un indien, je ne m’en sentais pas le droit ». Les femmes sont très présentes dans son oeuvre, ces femmes libres, fortes presque plus libres que les femmes d’aujourd’hui lui demande-t-on?  » dans toute l’histoire de l’humanité, il y a eu des femmes fortes et en tant qu’homme, c’est plus intéressant d’écrire en leur nom, cela permet d’échapper à son propre ego ».

Pendant des années, Jim Fergus n’a pas relu son précédent roman, il n’apprécie pas de se relire, les voix de ces femmes qu’il a créées, n’ont cessé de lui parler. Il nous précise d’ailleurs que des recherches récentes ont mis en lumière que les créatifs étaient davantage menacés par les troubles mentaux http://www.sciencesetavenir.fr/sante/les-creatifs-davantage-menaces-par-les-troubles-mentaux_29100.

En qualité de journaliste, Jim Fergus a toujours été passionné par les recherches et s’est donc particulièrement documenté sur cette partie de l’histoire, ignorée et niée par les américains, celui du massacre des Amérindiens. En partant de faits réels dans ces romans, il invite le lecteur à s’informer et pour ces deux romans particuliers à donner une voix aux indiens qui n’en ont pas ou si peu « j’ai honte pour mon pays » ajoute-t-il.

Pour autant, Jim Fergus ne souhaite pas concentrer tout son deuxième opus sur la tristesse, il est en effet empli de joie, de l’amour des mères pour leurs enfants, de ces femmes qui vivent en marge de la société américaine, leur danse, leur musique et également l’amitié et l’espoir qui les habitent. Ces femmes arrivent dans un paysage urbain terrifiant et l’amitié les protège, leurs rires les protègent et montre ainsi la force de la résilience de l’humain.

Le troisième volet est déjà en écriture, Jim Fergus nous révèle qu’il y fera revivre les indiens dans leur tradition et abordera en particulier la force du chamanisme.

L’oeuvre de Jim Fergus ne se résume cependant pas seulement aux indiens, grand ami de Jim Harrisson, il a comme lui, la passion des grands espaces « Espace sauvage » ou « Marie blanche » pour ne citer qu’eux, sans oublier celui qu’il a édité lui-même dans un premier temps et qui lui tient à coeur « Chrysis ».

Une très belle rencontre suivie par une séance dédicace et quelques mots échangés, que nous ne sommes, au club « Lecture dans tous les Cens » pas prêtes d’oublier.