Isaac Rosa

« Vous avez un magnifique utérus…/… Mais çà m’a l’air parfait! Allez les enfants, au travail dès ce soir…/… Vous avez deux solutions: adopter ou adopter…/…Deux barrettes violettes sur test de grossesse. »
En couple, heureux, Réjane et Jeff, parisiens actifs ont tout, une profession trépidante, un appartement, des amis, des loisirs, beaucoup de curiosité… aussi le moment semble être venu d’avoir un bébé. Les mois passent et rien… Consulter? Comprendre? Essayer, encore et encore? Consulter à nouveau et entendre ces paroles qui résonnent comme un couperet « vous avez deux solutions: adopter ou adopter ».
Alors que faire? Poursuivre les traitements proposés par la médecine occidentale, ouvrir son horizon?
C’est ainsi que Réjane et Jeff se retrouvent en Inde, dans le Kerala, coeur de la médecine ayurveda. Ce n’est pas complètement un hasard, l’un et l’autre sont de grands voyageurs, adeptes de yoga et de méditation, ils vouent un grand intérêt à ce grand et beau pays. Mais c’est une Réjane, fatiguée, inquiète et surtout pas prête qui se retrouve en face de Sambuh, particulièrement intéressé par la confidence que vient de lui faire Jeff.

Je me suis plongée dans cette lecture écrit comme un voyage initiatique parsemé de  témoignages documentés ( Réjane est journaliste ), à mon sens peu ou pas ésotérique, qui au-delà de la difficulté d’enfanter, interroge sur notre identité de femme, de mère. « Un bébé, enfin » a fait écho à la femme que je suis ( bien que je n’ai jamais eu de difficulté à avoir un enfant ), je me suis retrouvée dans ses quêtes « jouer les transparentes, être qui l’on veut que je sois, pour faire plaisir et avoir la paix. Pour obtenir la reconnaissance et l’amour qui me font exister ». Apprendre de cette médecine orientale, entendre la nécessité de faire une place, de faire circuler de la chaleur,« dans ton corps, c’est froid, ce n’est pas accueillant pour un bébé » et quand le bébé est là, savoir lui faire une place et trouver la sienne « je devrais suivre mes sensations plutôt que l’envie de plaire ou les convenances ».

A lire Réjane, je me suis mieux comprise et saurai mieux écouter, mieux m’écouter. Merci pour ces mots.